Distillerie Franciacorta : une histoire de raisin, de cuivre et d’amande
De Luigi Gozio au Borgo Antico San Vitale, une maison lombarde que nous rencontrons à travers notre Amaretto Gozio.

Borgo Antico San Vitale, en Franciacorta — photographie : Distillerie Franciacorta.
Une histoire commencée avec le raisin
L’histoire des Distillerie Franciacorta commence en 1901 avec Luigi Gozio, producteur de vin à Gussago, dans la province de Brescia. Nous sommes en Lombardie, dans le territoire de la Franciacorta, au sud du lac d’Iseo. Avant de rencontrer cette maison à travers un amaretto, il faut donc imaginer une région de vignes, des marcs fraîchement séparés du vin et le métier du distillateur.
Dans les années 1930, la distillation à la vapeur marque une étape dans le développement de l’entreprise. La gamme s’élargit ensuite : en 1967, elle comprend aussi des sirops de fruits et des fruits conservés dans l’alcool. En 1977, l’entreprise prend la forme de Distillerie Franciacorta. Cette histoire montre le passage d’un savoir-faire lié au raisin à une maison capable de travailler plusieurs expressions des fruits.
Deux distillations et le souci de la matière
Une particularité de la maison est sa méthode de double distillation pour la grappa. Le premier passage à la vapeur donne un liquide intermédiaire appelé flemma. Il est refroidi et filtré avant le second passage. Une partie des marcs est aussi pressée ; le jus extrait intervient dans cette seconde étape pour préserver les arômes issus du raisin.
Les grappas destinées au vieillissement reposent ensuite en petits fûts. Ce travail concerne les eaux-de-vie de la maison : l’amaretto suit sa propre préparation par infusion. Cette distinction nous intéresse, car le nom d’une distillerie ne signifie pas que toutes ses boissons sont fabriquées de la même manière. Un distillat de raisin et une liqueur d’amande racontent des gestes différents.
Un village ancien devenu lieu de transmission
Le Borgo Antico San Vitale, à Borgonato, donne une dimension particulière à cette histoire. Le lieu réunit une église et son presbytère, un petit bâtiment médiéval et une ferme. Borgonato apparaît déjà dans un document impérial daté de 879. Ce patrimoine architectural ancien accueille aujourd’hui le métier du distillateur.
Le complexe a fait l’objet d’une restauration attentive, avec des recherches archéologiques et l’emploi de matériaux traditionnels. On y trouve aussi un parcours consacré à l’histoire de la distillation : anciennes bouteilles, instruments et alambics permettent d’observer l’évolution des techniques. Ce dialogue entre la pierre, le cuivre et le verre rejoint ce que nous aimons dans nos archives : découvrir ce qui se trouve derrière un produit, sans réduire son histoire à une simple étiquette.
La maison aujourd’hui, notre choix à la table
Les Distillerie Franciacorta ont rejoint le groupe Stock en 2019. Leur intégration juridique dans Stock S.r.l. s’est achevée en avril 2026. Le nom conserve son lien avec l’histoire commencée par Luigi Gozio et avec la Franciacorta, dans un cadre d’entreprise qui a évolué.
À La Corte Segreta, notre rencontre avec cette maison passe par l’Amaretto Gozio. Nous l’avons choisi après plusieurs dégustations, pour son équilibre et son expression franche de l’amande. Son histoire nous donne envie de poursuivre la découverte, mais c’est son goût qui lui garde une place à notre carte. Notre archive consacrée au Gozio raconte aussi le souvenir d’un client qui a découvert pourquoi nous tenions à lui faire goûter cette bouteille pour elle-même.
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