Sebastian Artois : l’homme derrière le nom
Maître brasseur à Louvain en 1708, propriétaire de Den Hoorn en 1717 : l’homme dont le nom traverse l’histoire de la Stella Artois.

Les anciennes brasseries Artois, aujourd’hui De Hoorn, à Louvain. Photographie : Kris Vandevorst, 2017 — Agentschap Onroerend Erfgoed, CC BY 4.0.
Un nom derrière une bière familière
Sur une Stella Artois, le mot « Artois » est d’abord le nom d’un homme. Sébastien Artois, également nommé Sebastiaan ou Sebastian, a vécu de 1680 à 1726. Issu d’une famille originaire d’Herent, près de Louvain, il appartient à cette histoire où le métier de brasseur se transmet dans une ville, puis dans une famille.
À La Corte Segreta, nous aimons retrouver les personnes derrière les noms que nous servons. Avec lui, une bière familière ouvre une porte sur le Louvain du début du XVIIIe siècle : un monde d’ateliers, de brasseries et de savoir-faire.
1708 : devenir maître brasseur
En juin 1708, Sébastien Artois devient maître brasseur à Den Hoorn, à Louvain. Il est admis dans la guilde des brasseurs de la ville. Le titre correspond à un métier reconnu, bien avant les équipements industriels et la diffusion internationale que connaîtra la bière portant son nom.
Den Hoorn signifie « la corne ». Artois rejoint une maison qui possède déjà une histoire : un document de 1366 mentionne une maison appelée Den Horen, tandis que l’activité d’une brasserie de ce nom dans la Mechelsestraat est attestée au moins au début du XVIe siècle.
1717 : la brasserie prend son nom
Neuf ans après être devenu maître brasseur, il achète Den Hoorn, en 1717. Ce passage du métier à la propriété est le tournant qui attache durablement le nom Artois à la brasserie. Son rôle dans l’histoire brassicole tient à cette continuité : reprendre une maison existante et lui donner une identité familiale appelée à durer.
Ses descendants prolongent l’aventure. Son fils Adrianus fait reconstruire la brasserie en 1778 ; à la fin du XVIIIe siècle, Leonardus développe l’entreprise en acquérant d’autres brasseries de Louvain. L’essor qui suivra se construit donc sur plusieurs générations.
L’étoile apparaît deux siècles plus tard
Le détail est étonnant : Sébastien Artois n’a jamais connu la Stella Artois. Il meurt en 1726 ; la bière appelée Stella est introduite en 1926, deux cents ans plus tard, comme bière de Noël pour les habitants de Louvain. « Stella » signifie « étoile » en latin.
Le nom et les symboles réunissent ainsi plusieurs époques : la corne évoque Den Hoorn, Artois rappelle le maître brasseur devenu propriétaire, et l’étoile renvoie à la naissance de la bière de Noël. C’est ce fil que nous poursuivons dans notre archive consacrée à la Stella Artois.
Ce que cette histoire nous inspire
Louvain était une ville de bière bien avant sa renommée mondiale. Au milieu du XVIIIe siècle, elle comptait quarante-deux brasseries le long de la Dyle. La trajectoire d’Artois prend tout son sens dans ce paysage : un artisan, une maison et une ville dont les histoires se rejoignent.
Pour nous, raconter Sébastien Artois permet de regarder autrement un nom connu. À La Corte Segreta, notre bibliothèque garde aussi cette mémoire des métiers et des transmissions : derrière une bière, il peut y avoir une personne, puis plusieurs générations qui continuent son ouvrage.
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