Monovitigno : le cépage jusque dans la grappa
En 1973, un marc de Picolit ouvre un nouveau chapitre chez Nonino.

Alambics et équipement de chargement à la distillerie Nonino, à Percoto — photographie de 2008. — Pvt pauline, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
Une intuition devenue une signature
Monovitigno signifie « un seul cépage ». Pour une grappa, cette démarche met en valeur le marc d’une variété identifiée : on peut ainsi découvrir le raisin à travers une autre forme que le vin, sans le confondre avec un assemblage.
Le 1er décembre 1973, Benito et Giannola Nonino distillent séparément le marc de Picolit. Leur ambition est de laisser un cépage raconter sa propre histoire dans une grappa, plutôt que de le fondre immédiatement dans un assemblage. C’est la naissance de leur Monovitigno. À La Corte Segreta, cette idée nous plaît : derrière le distillat, il reste un raisin, un parfum et un caractère à découvrir.
Cette étape n’est pas la première distillation variétale jamais réalisée : des grappas de cépage existaient auparavant. La force de Nonino a été d’en faire une démarche précise et une signature qui a contribué à changer le regard porté sur la grappa.
Le marc, une autre mémoire du raisin
La grappa naît du marc : les matières solides du raisin issues de la vinification, en particulier les peaux. Chez Nonino, la fraîcheur de cette matière première compte beaucoup. Les marcs sont fermentés dans des cuves fermées à température contrôlée, puis distillés rapidement. Dans les alambics discontinus en cuivre chauffés à la vapeur, les premières et dernières fractions sont séparées ; le cœur du distillat est conservé.
Un Monovitigno Nonino met en avant un cépage. Une union de plusieurs Monovitigni conserve des distillations séparées, mais devient un assemblage. C’est une distinction utile pour comprendre notre sélection de grappas et eaux-de-vie.
Trois cépages, trois expressions
Il Moscato, à 41 %, est parfumé et souple, avec la rose, des nuances herbacées et une touche évoquant la vanille. Il Merlot, également à 41 %, développe une expression ronde, entre pétales de rose et noyau de cerise. Ces deux grappas reposent de six mois à un an en acier inoxydable : leur clarté accompagne une expression préservée du raisin.
Lo Chardonnay, à 41 %, emprunte une autre voie : douze mois en barriques lui apportent une teinte ambrée délicate et des notes de pain, de vanille et de pâtisserie. Son histoire se poursuit dans notre fiche Lo Chardonnay : le cépage à l’épreuve du bois.
Le Picolit, à l’origine de l’aventure
Le Cru Picolit, à 50 %, reste une expression claire, reposée en acier, et non une grappa vieillie en barrique. Ses accents d’acacia, de miel, de coing mûr et de figue rappellent le caractère singulier du cépage qui a lancé cette aventure. Sa production est limitée, datée et numérotée.
Une anecdote familiale raconte les premières gouttes de 1973 : Giannola les accueille dans ses mains et y reconnaît l’acacia et le coing. Cette attention au parfum donne tout son sens à notre archive du Picolit. À La Corte Segreta, les Monovitigno nous permettent ainsi de proposer plusieurs façons d’approcher le raisin, jusque dans le dernier verre du repas.
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