Leone de Castris : trois siècles de Salento et cinq roses
Salice Salentino, Pouilles — une histoire de famille, de cépages et d’un rosé devenu emblématique.

Salice Salentino, Pouilles : l’église Santa Maria Assunta, dans la ville où se trouve la cave historique Leone de Castris. — Dbuccarella · Image originale · CC BY-SA 4.0
Une cave née dans le Salento
À Salice Salentino, dans le nord-ouest de la péninsule salentine, Leone de Castris porte une histoire qui commence en 1665. Oronzo Arcangelo Maria Francesco, comte de Lemos, y fonde une cave au milieu des vignes. Séduit par cette terre, il vend ensuite des possessions en Espagne pour développer ses terres dans le Salento. La vigne y côtoie l’olivier et le blé : le vin appartient dès le départ à un paysage agricole plus vaste, à la vie d’une famille et à celle d’un territoire.
Les premiers échanges portent longtemps sur du vin en vrac. Une étape décisive arrive avec Piero Leone Plantera et Lisetta de Castris : en 1925, la maison commence à mettre ses vins en bouteille sous le nom Leone de Castris. Un lieu, un travail et une identité peuvent désormais voyager ensemble. Nous aimons cette évolution : derrière une étiquette, il y a aussi le moment où une maison décide de faire reconnaître sa propre signature.
Pourquoi cinq roses ?
En 1943 apparaît Five Roses, pionnier du rosé italien mis en bouteille et commercialisé. Son nom conduit à la contrada Cinque Rose, près de Salice. La mémoire familiale associe ces cinq roses à la naissance de cinq enfants dans plusieurs générations. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le général Charles Poletti, chargé des approvisionnements alliés, souhaite une importante quantité de rosé avec un nom anglais. Cinque Rose devient alors Five Roses : quelques mots suffisent à relier un lieu du Salento à un autre monde.
La cuvée Anniversario, créée en 1993 pour les cinquante ans de Five Roses, prolonge cette histoire. Ce qui nous plaît ici, c’est qu’un rosé puisse porter autant de mémoire qu’un grand rouge. Sa place à table ne se réduit pas à une couleur ou à une saison : elle peut aussi raconter la manière dont une région s’est ouverte au-delà de ses frontières.
Plusieurs visages des Pouilles
Leone de Castris travaille un patrimoine de cépages particulièrement riche : Negroamaro, Malvasia Nera, Primitivo, Susumaniello, Verdeca, Aleatico et Ottavianello, auxquels s’ajoutent notamment Chardonnay et Sauvignon. Ces noms ne désignent pas une même expression sous plusieurs étiquettes. Ils permettent au contraire de rencontrer des caractères différents, au sein d’une maison restée liée à ses origines salentines.
Sur notre carte, Il Lemos fait découvrir le Susumaniello dans une IGT Salento. Son fruit mûr et ses nuances épicées accompagnent une présence tannique affirmée. Villa Santera explore le Primitivo dans la DOC Primitivo di Manduria, avec un rouge ample et chaleureux, où la prune et la cerise noire trouvent leur place. Five Roses Anniversario apporte encore une autre lecture, autour du Negroamaro et de l’histoire du rosé.
Ce que nous gardons à La Corte Segreta
Nous recherchons une carte italienne qui donne envie de découvrir, mais où les différences restent compréhensibles. Cette famille de vins nous permet de parler d’un cépage moins familier, d’un grand nom des Pouilles et d’un rosé historique sans perdre le fil. Leone de Castris nous intéresse pour cette continuité : une maison ancienne, capable de garder sa mémoire tout en laissant plusieurs caractères s’exprimer dans le verre.

Leone de Castris : régions, lieux et cépages documentés. Cartographie : contours ISTAT, distribués par openpolis / geojson-italy, CC BY 4.0. Projection et couleurs adaptées ; plan de localisation régionale, pas un cadastre. Contours cartographiques · CC BY 4.0
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